![]() |
Scanner Crétin Personne Ne Le Fera Pour Nous #2 Dans une chambre d’hôtel Le sens commun J’aime pas les gens Sans moi1983 (Barbara) Dans tes rêves Joyeux Noël Jackie Plusieurs jours et plusieurs nuits Rien Hop Le monde disparaît |
||
|
TEXTES: PASCAL BOUAZIZ (sauf la berceuse in « Dans tes rêves » texte Olivier Féjoz) | |||
|
Scanner j’aimerais voir dans ta tête comme on voit au scanner sur une table de médecine tu fais que je manque d’air dès que tu quittes la pièce tu fais comme un vide tu fais comme un trou un trou un cratère un trou un cratère.Est-ce que tu te sens bien Moi ça ne va pas si mal est-ce que tu te sens bien moi ça va Est-ce que tu te sens bien Moi ça ne va pas si mal est-ce que tu te sens bien moi ça vaDes fois t’es tellement belle je te regarde comme un film un film dont tu serais l’héroïne Un film où j’ai peur de pas y être ou alors que dans le décor un figurant une doublure, un passant une silhouette un passant une silhouetteEst-ce que tu te sens bien Moi ça ne va pas si mal est-ce que tu te sens bien moi ça va Est-ce que tu te sens bien Moi ça ne va pas si mal est-ce que tu te sens bien moi ça vaj’aimerais voir dans ta tête comme on voit dans la sienne peut pas y avoir que ce que tu me dis je peux pas croire tout ce que tu me dis ce que tu me dis j’y crois à peine ce que tu me dis c’est trop simple c’est trop joli c’est trop joli Plus je te vois et plus tu me manques tu me manques quand t’arrives tu me manques quand tu t’en vas je me glisserais dans toi, si c’était possible je me glisserais dans toi, si j’avais le choix j’irais où t’iras j’irais où que ce soitEst-ce que tu te sens bien Moi ça ne va pas si mal est-ce que tu te sens bien moi ça va |
|||
|
Crétin Des fois Des fois j’ai juste envie de me péter la tête Des fois Des fois j’ai juste envie de m’arracher le dos De m’ouvrir le ventre De me déchirer les mains Des fois j’ai juste envie de me casser les jambes Des fois j’ai juste envie de me mettre un pain Des fois j’ai juste envie de me sortir les yeux de m’arracher la trachée de me soulever l’estomac me séparer, me séparer, me séparer de moi Des fois je n’en reviendrais pas de me voir passer devant moi des fois je ne m’en croirais pas d’entendre le son, le son de ma voix des fois j’ai juste envie de me péter la tête de m’ouvrir et m’écouler dans un champ un champ un champ de blé, mur, pour salir, pour m’en sortir pour me re-rentrer. Des fois, j’ai juste envie de me saigner d’m’épurer le sang de moi tout seul me soigner moi tout seul m’épargner moi me réserver me mettre sur le côté, me laisser dégorger Des fois je n’en reviendrais pas de me voir passer devant moi des fois des fois je ne m’en croirais pas d’entendre le propre, le propre son de ma voix Des fois j’ai juste envie de ne pas avoir été Des fois j’ai juste envie de ne pas avoir été Vivant, content, aimé Des fois j’aimerais pouvoir qu’on m’ouvre le crâne l’emmener au lavage, prélavage, détergent, puis lavage des fois j’ai juste envie de me cracker de faire une O.D. de me dissoudre, de m’éclater, de m’absoudre, me moudre, me diluer des fois j’ai juste envie de me démembrer des fois j’ai juste envie de me soulager de moi-même de moi-même me soulager de moi-même des fois j’ai juste envie de m’péter la têteIci mourut Moi Crétin qui pendant sa vie ne fut rien Ici mourut Moi Crétin qui pendant sa vie, sa vie ne fut rien Des fois mais c’est rare je ressens comme une espèce de joie bizarre qui vient de nulle part et que je ne comprend pas Un temps elle est là, et puis elle s’en va. |
|||
|
Personne Ne Le Fera Pour Nous #2 Et je passe devant toutes les gares Et je prends tous les trains Je suis tout le monde et quelqu’un d’autre Moi je renonce et je ne suis rien Et si parfois je rêve la nuit que je dors le jour Et si parfois même respirer même c’est trop lourd C’est pas toi C’est pas moi C’est pas grave Parce que nous c’est pas pareil nous c’est beaucoup mieux Nous on marche dans la lumière Nous on a besoin de rien d’autre que de nous deux Et je vois des hôpitaux déserts sur des cours vides Je rêve d’hôtels juste pour dormir l’après midi Je rêve de coins d’églises de silences et puis de mers Je rêve d’infirmières et de moi sans visage Sur des plages couvertes de lit Et si parfois je rêve d’être malade juste pour être guéri Et si je pleure devant les chiffres et les lettres et 30 millions d’amis C’est pas grave Parce que nous c’est pas pareil nous c’est beaucoup mieux Nous on descend dans la lumière Nous on s’aimera encore quand on sera vieux On peut fermer les yeux mais le monde est toujours là On peut fermer les yeux mais le monde est toujours là (bis) C’est pas grave c’est pas moi C’est pas grave ça ira Mets ta tête contre ma tête à nous deux ça ira C’est pas grave, c’est pas grave… Parce que nous c’est pas pareil nous c’est beaucoup mieux Nous on sombre dans la lumière Nous on s’aimera encore peut-être quand on sera vieux |
|||
|
Dans une chambre d’hôtel Dans une chambre d’hôtel sur un lit allongé je ferme les yeux je les rouvre je lis sur le plafond un plafond écaillé comme sur un plan un plan effacé par où partir et où aller par où partir et où allerDans une gare sur un quai à ciel ouvert au buffet sur la place de la mairie déserte je ferme les yeux je les rouvredans les fissures du béton dans le dessin d’un escalier je lis comme sur un plan d’une ville étrangère comme sur un plan effacé par où partir et où aller |
|||
|
Le sens commun A vivre trop longtemps dans sa tête On perd le sens commun il a violé puis tué la fille croyant lui faire du bienL’enfant se sentait tout seul il avait besoin d’un Papa L’homme lui a donné tout ce qu’il avait L’enfant voulait moins que çaIl a commencé par taper la mère A sa fille ça lui faisait du bien Puis il s’est mis à taper la fille Quand elle a eu son gaminA vivre trop longtemps dans sa tête on perd le sens commun Il a brûlé sa maison, sa voiture, il est parti sans rien Six mois de vide six mois de quelque chose de moins que le malheur il s’est acheté une petite boite en fer qu’il appelait sa petite sœur.Nous sommes ce que nous voyons nous voyons ce que nous voulons voir on continue sans qu’il y ait de raison On avance dans le noirA vivre trop longtemps dans sa tête on perd le sens commun il a enterré la fille il a gardé sa main |
|||
|
J’aime pas les gens J’aime pas les enfants j’aime pas les vieux j’aime pas les manmans j’aime pas les gueux j’aime pas les chômeurs j’aime pas les gens riches j’aime pas les acteurs j’aime pas les actrices j’aime pas la télé j’aime pas la radio j’aime pas me tenir au courant j’aime pas les journaux j’aime pas les coiffeurs j’aime pas les visagistes j’aime pas les quotas j’aime pas les femmes flics j’aime pas RTL, Lci, Cnn, J’aime pas France Info j’aime pas les gens qui parlent j’aime pas les gens qu’ont pas de cerveaux j’aime pas les journalistes j’aime pas ceux qui les lisent j’aime pas l’actualité j’aime pas les infos J’aime pas que dans les gros titres on mette des jeux de mots j’aime pas qu’on me dise on j’aime pas la parité j’aime pas les petits commissaires du peuple de la pensée j’aime pas l’opinion j’aime pas l’innocence j’aime pas le bon sens j’aime pas qu’on me donne des leçonsJ’aime pas les gens, les gens c’est les pires (bis)J’aime pas ce qui me passe par la tête J’aime pas être comme ça J’aime pas ce que ça reflète je m’aime pas moi Je crois pas en l’Europe Je crois pas au progrès J’crois pas au lien social Je crois pas au tri des déchets Je plains pas Jospin Je plains pas Juppé J’aime pas qu’on me dise Coluche me manque J’aime pas les enfoirés j’aime pas les gens, les gens c’est les pires…J’aime pas les chanteurs les chanteurs c’est les piresJ’aime pas le Paris de la mode J’aime pas les couturiers j’aime pas ton p’tit haut j’aime pas ton p’tit cul j’aime pas l’ étalage de tes fesses ouvertes en PLV J’aime pas la chair offerte J’aime pas la publicité j’aime pas ce qu’on veut me vendre Tu ne me fais pas bander J’aime pas les graphistes j’aime pas les photographes j’aime pas les artistes J’aime pas les gens du spectacle j’aime pas l’esprit de la fête j’aime pas les chercheurs plasticiens j’aime pas les clowns, les athlètes j’aime pas l’art contemporain j’aime pas Jack Lang la Culture Pub les signes de connivence les « bien entendu » les signes d’appartenance J’aime pas qu’on joue là-dessus j’aime pas les années 80 j’aime pas la nostalgie j’aime pas qu’on veuille me faire croire que c’était bien j’aime pas les rastas blancs j’aime pas le Djembé j’aime pas la musique celtique j’aime pas le reggae français j’aime pas la nouvelle chanson française j’aime pas la nouveauté j’aime pas les bandes d’amis j’aime pas les soirées j’aime pas casimir j’aime pas les plus grands succès j’aime pas le street wear j’aime pas les séries cultesJ’aime pas les gens les gens c’est les piresj’aime pas les gens qu’ont tant de talents J’aime pas qu’il faille que tout le monde s’exprime j’aime pas les poètes maudits j’aime pas les journaux intimes j’aime pas l’autobiographie j’veux pas savoir ce que tu veux dire j’aime pas tes livres j’aime pas ta poésie j’aime pas que tu me racontes ta vie j’aime pas que j’ai jamais pu te le dire je le crois pas que t’ais pensé j’aime pas ce que t’as lu j’aime pas ce que t’as touché J’aime pas ton jean J’aime pas ton bonnet J’aime pas ta coupe Ta tronche de petit minet j’aime pas ce que t’aimerais que je pense de toi j’aime pas penser même en mal de toi J’aime pas que ça puisse te flatter j’aime pas que tu te reproduises j’aime pas que tu puisses exister J’aime pas les gens les gens c’est les pires j’aime pas les gens les gens c’est les pires j’aime pas les gens les gens c’est les pires Sinon… Sinon, Sinon à part ça j’aime bien Pialat j’aime bien la Belgique J’aime bien Barbara avant 68 j’aime bien la mer j’aime bien Miles Davis J’aime bien Reiser J’aime bien Noam Chomsky J’aime bien gros dégueulasse J’aime bien Eddy Mitchell J’aime bien Springsteen, Jean MI J’aime bien Katerine sur scène J’aime bien les plats en sauce J’aime bien les Westerns j’aime bien les femmes un peu grosses J’aime bien ne rien faire j’aime bien qu’on m’aime je t’aime bien toi J’aime bien qu’on m’aime je t’aime bien toi J’aime bien qu’on m’aime je t’aime bien toi |
|||
|
Sans moi Je vis ma vie ça va Je vois mes amis J’suis sympa Le week-end c’est famille La semaine c’est tranquille Ça va Un jour tire l’autre…mais des fois Je suis assis je suis là Je souris, et puis je ne suis plus là Ça va, Moi-même je ne me sens plus là. C’est sourd et puis ça flotte Tout autour de moi C’est comme une mer morte et qui pèse au fond de moi Et des choses vivent à l’intérieur Des choses vivent dans les profondeurs Des choses vivent sans moi Des choses vivent sans moi Comme toi Comme toi je ne suis plus là Ça va J’aimerais autant parler d’autre chose C’est pas comme si c’était vraiment nouveau Mais toi comment tu vas Est-ce qu’il y a quelqu’un qui t’aime au moins Quelqu’un quelqu’un qui prend soin de toi Je t’appelle jamais Je peux pas Et puis pourquoi Pourquoi faire Alors voilà Tu sais je m’inquiète pour toi… |
|||
|
1983 (Barbara) 1974, 1977, 1978, 1983 aujourd’hui je m’en fous je me souviens de tout comme s’il avait fait beau toute cette époque-là les souvenirs c’est comme une fausse vie qu’on subit les souvenirs c’est comme les films super-huit ça a comme sa propre vitesse faut pas ralentir la machine de peur de brûler ce qui reste faut prendre ça comme ça vient je regarde et je profite et je revois mes amis et je me revois là à ce coin hey c’est fou ce que je suis petit hey c’est fou ce que je rigole c’est fou ce que je rigole pour n’importe quoi ma mère descend l’allée m’appelle et moi je souris quand elle me voit Elle me dit peut-être qu’elle aime pas trop mes amis hey mais c’est pas grave plus tard on ira quand même ensemble mettre des pétards Mammouths dans les poubelles marcher dans les roses rouges du concierge Faire du skate-board dans la descente jusqu’au virage je suis surpris de pas être mort au moins une fois 1982 j’étais si amoureux j’étais si content d’être malheureux je croyais que ça finirait pas ça s’est fini tout seul bien sûr en 1983 Moi et elle moi et Barbara, on se regardait on restait là J’aimais sa mère aussi un peu je crois j’attendais devant sa porte je restais dans l’escalier j’appuyais la minuterie jusqu’à ce que je parte en courant jusqu’à ce que de l’autre côté j’entende ta voix Il y a d’autres filles plus tard j’ai jamais compris ce qu’elle pouvait me voir que toi tu ne voyais pas jamais rien compris Barbara tu sentais bon le parfum de ta mère je t’avais acheté des fleurs pour ton anniversaire Ma mère disait qu’cétait des fleurs pour les cimetières Et je te revois plus tard sur le chemin de l’école sur le trottoir d’en face la patinoire je te faisais signe je te filais mes devoirs je te regardais les mains, les cheveux j’aurais voulu toucher ton bras et ton cou et l’endroit où y avait rien sur ta poitrine j’y pensais la nuit j’y pensais le jour je pensais plus jamais rien qu’à ça tout le monde disait que je t’aimais tout le monde savait que je t’aimais j’prenais l’air malheureux pour te faire honte on se défend comme on peut hey tu sais j’fais toujours comme çaet je revois la famille d’à côté qu’étaient nos pauvres ça rassure dans un monde compliqué y a toujours plus pauvres que soi à qui ma mère a donné ma collection de Pif et encore nos vieux vêtements, nos jouets qu’avait un chien plus grand que je croyais que c’était possible qui dormait dans leur baignoire leur père faisait du cyclisme un peu d’alcoolisme aussi je crois Sylvie leur fille qu’était bizzarre On disait qu’elle était en retard Ma mère disait qu’ils avaient pas eu de chance Je disais qu’ils sentaient pas bon ma mère disait qu’elle avait honte que je puisse dire une chose comme ça ils habitaient face aux hippies entre eux ils s’aimaient pas les hippies étaient jeunes et beaux à ce qui me semblait c’était plus propre chez eux et puis plus chiant aussi un peu ma mère essayait de les aimer elle avait besoin d’amis elle disait qu’ils étaient sympas ils avaient des tentures aux murs indiennes des tapis Incas ils écoutaient de la musique étrange buvaient du thé revenaient de voyage étaient bronzés c’était une autre vie que nous ma mère essayait bien d’être à l’aise mais il me semble bien que ça marchait pas et je me revois avec mon père distribuer les dimanches de porte en porte ll’humanité Et je revois les voisins plus riches des collègues à Maman qui vivaient dans les petits pavillons plus chics la lutte des classes c’est un jardin une table de ping pong une chambre pour chacun une cheminée dans le grand salon un mari qui fume la pipe une voiture neuve un frigo plein, des vacances été hiver des chouettes habits c’est propre et ça sent l’airet je revois le crépi dans notre appart mon père qui partait au cours du soir, le Guernica dans l’entrée il y avait sur les murs peut-être un dessin de Follon Plus un de moi, une poupée qu’avait ramenée mes grands-parents pour leur retraite d’un voyage à l’étranger. y avait l’affiche d’une ronde de petits chinois Buster Keaton qui souriait jamais tous les jours je le regardais Je le fixais peut-être c’est lui qui savait je voulais comprendre pourquoiet je revois la télé noir et blanc et moi assis en tailleur et la chambre et le christ au dessus du lit de ma petite sœur qu’était toute une histoire dans la famille que je ne comprenais pas et tout ça se mélange et la tristesse de maman et le bruit des gens qui jouait aux boules dehors les soirs d’été quand on se couchait avant le soleil le soleil rouge qu’on devinait à travers le rideau avec mon frère depuis les lits superposéson rentrait à six heures pour le bain du soir on évitait la malade du bas de la cité qu’avait notre âge et qui crachait sur tout le monde qui se promenait tous les soirs pareil avec son père on disait la mongolienne qui me faisait peur et puis de la peineà l’époque j’ai du tout pleurer j’pleurais pour rien pour la voiture qu’on changeait pour un nouveau papier peint et puis je restais des heures dans la cage d’escalier à remonter les étages dans le vide de l’autre côté de la rambarde avec toujours la peur et l’envie que quelqu’un vienne et me surprenne en train de tomber J’avais deux meilleurs amis à l’époque j’aurais pas choisi L’un sa famille était moins drôle son père était harki, que j’ai jamais vu dehors de chez lui Sa mère me paraissait immense pas très facile et puis Son frère avait la plus grande collection de comics que j’ai jamais vu de ma vie que des Marvels et des Stranges qu’on lisait dans sa chambre qu’on s’échangeait moi et lui après le soir au fond de mon lit je regardais le plafond je testais mes pouvoirs j’avais un laser si je me concentrais qui me sortait par les yeux je pouvais tuer des gens j’étais un dieu et je m’endormais comme ça content j’étais heureuxj’écoutais le son des peupliers dans le vent j’écoutais la respiration de mon frère j’écoutais le bruit des amants de ma mère elle attendait toujours un peu mon père je savais moi aussi qu’il allait rentrer un jour sûrement que ça pourrait pas être autrement le matin à l’école on me racontait toujours des films incroyables avec un mec a un moment à la fille, il lui fait tout ah oui tout mais quoi ? On se montrait un peu fermé le creux de nos bras paraissait que les filles en dedans au milieu c’était comme çaet moi toujours je voulais que tout le monde m’aime j’avais un tel besoin d’amour qu’il aurait fallu tout l’amour de la terre et ça faisait encore pas beaucoup pour que je me sente enfin à l’aise me faire aimer de la boulangère des gens qui passent dans la rue me faire aimer de toutes les grand mères j’aurais demandé de l’amour à un clochard toutes ces histoires d’enfants perdus qu’on retrouve pas les enfants leurs problèmes c’est qu’ils sont pas regardant ils prennent ce qui vient, je sais moi j’étais comme ça. et je me souviens encore et de mon voisin Johnny qu’était nerveux je crois qu’a mal fini que j’ai revu plus tard que j’étais vendeur il m’a pas reconnu je l’ai laissé prendre en douce dans le magasin tout ce qu’il a pu il a pas compris il a cru qu’il était plus malin et moi je me souvenais de lui qu’était chef de bande à le voir j’avais de la peine plus tard à ce qu’on m’a dit qu’il prenait des trucs graves dans les mêmes cages d’escalier où on mangeait nos BNs où on se tenait contre l’chauffage les jours d’hivers où il neigeait où il y avait une bataille de neige géante dans tout le quartier on se partageait les gants on attaquait en rang serrés fallait prendre tout le côté droit des immeubles ( bis ) de la cité Johnny c’était notre chef on se serait fait prendre pour lui on avait la fidélité on mettait des cailloux des calots, des billes tout ce qu’on pouvait trouver dans la neige au milieu des boules je me rappelle quand j’ai vu mon caillou ouvrir la tête d’un mec d’en face Et je revoyais le sang du mec j’en revenais pas je croyais qu’on allait venir me chercher j’attendais la police la nuit j’entendais tous les pas venir dans l’escalier et je me souviens La dernière nuit avant qu’on parte j’ai senti le monde disparaître au dedans de moi je regardais les valises déjà faites J’ai commencé tôt la nostalgie j’étais déjà tellement doué pour ça tout petit et je me souviens encore d’un jour la fille de la voisine que j’aimais pas elle me montrait tout ce qu’il y avait à voir et moi j’imaginais Barbara je lui montrais moi aussi elle voulait que je lui dise que je l’aime elle me courrait après dans les couloirs je lui disais que non je ne l’aimais pas mais toi je t’aimais bien, toi je t’aimais Barbara en 1982-83, oh oui depuis longtemps je t’aimais Barbara Et Jérome aussi et Kacem, et le parrain de ma sœur et ses filles et Maman, et mon petit frère et mon père qui revenait pas je les aimais tous à l’époque tous ces gens-là Et Johnny aussi et même Sylvie qu’était en retard Je les aimais tous mais surtout toi toi je t’aimais, Barbara en 1982, en 1983 depuis longtemps je t’aimais Barbara jamais jamais su Barbara si tu m’aimais Barbara J’ai jamais su Jamais su si toi tu m’aimais Barbara en 1982 en 1983 J’ai jamais su si tu m’aimais rien qu’un peu toi. |
|||
|
Dans tes rêves quand t’auras perdu la maquilleuse spéciale cuir avec les seins en mousse quand tu te seras réveillé un mauvais goût affreux dans la bouche quand tu finiras quand même par prendre le métroquand t’auras fini de t’arroser la bite au champagne quand au soir de l’an tu te seras mis autrement plus minable quand décidément tu ne feras plus jamais rire personne qui voudra encore de toi qui se souviendra de ton téléphonealors tu feras le tour de tous tes anciens amis et toutes tes anciennes petites maîtresses et tout ce qu’ils n’ont jamais pu te dire d’un coup je suis sûr que ça va leur revenir tu n’y croiras pas encore tout a fait tu iras parler aux gens dans la rue tu diras ce n’est quand même pas possible mais ça va vite, ça va vite et puis t’as plus d’appart t’as ta valise avec tes affaires dans la chambre à l’hôtel au patron va falloir que tu lui expliques pour l’argent va y avoir un petit problème vas-y explique ton cas demande lui d’être gentil avec toi tu n’aurais jamais cru que t’en viendrais à parler à quelqu’un comme ça mais ni lui ni personne ne fera jamais rien pour toi non personne ne fera jamais rien pour toiquand tu ne voudras plus rien faire d’autre que dormir et même dans tes rêves tu ne seras plus tout à fait tranquille quand tu voudras redevenir tout petit enfant dans les bras de ton père dans les bras de mamanalors t’auras un vieux souvenir de lumière un jour en vacances une maison des volets un chemin une rivière du ciel de l’herbe « dors et fais de jolis rêves je suis près de toi je veille dors et ne pense plus à tout ça ne pense pas. » |
|||
|
Joyeux Noël Jackie Joyeux noël Jackie, joyeux noël Jackie, joyeux noël Jackie, bonne chance pour le reste de ta vie. On s’est jamais très bien compris Jackie Des fois c’est pas utile Des fois c’est difficille Ensemble on a fait ce qu’on avait à faire Ce qu’on avait à faire ensemble est fini Alors c’est un joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie et bonne chance pour le reste de ta vie je sais pas ce que tu cherchais jackie mais ce que tu cherchais ben ça ne devait pas être ici le bonheur c’est dur à trouver jackie le bonheur c’est une chienlit mais c’est un Joyeux Noël Jackie Joyeux Noël Jackie Joyeux Noël Jackie Et bonne chance pour le reste de ta vie… Jackie tout ça c’est pas grave finalement Souviens toi tu disais toujours qu’on en rirait dans dix ans Hey jackie tu vas voir que plus tard bien plus tard Quand on aura vieilli on va se marrer tout le temps Alors joyeux noël jackie, joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie Bonne chance pour le reste… Le reste de ta vie. joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie joyeux noël Jackie |
|||
|
La honte La honte ça vous possède plus que l’odeur sous vos aisselles il n’y a pas de traitement pour ça il n’ y a pas de remède Il n’y a pas de déodorantsQuand ma femme m’a quitté Que je lui ai demandé un peu d’argent Mon père m’a dit qu’il était tellement désolé Mais qu’il pourrait pas même en le voulant ma mère a fait du café Je la voyais remuer la tête parler toute seule dans la cuisine depuis l’ombre dans l’entrée Je suis resté dormir pendant un an.La bohème c’est joli comme mot Il y d’autres mots moins poésie La honte elle est là tout le temps Elle est là même pendant le sommeil Elle est là sans qu’on y pense même Elle est là même en jouissant, même en jouissant…Et je vois mon fils maintenant Et je sais qu’il sera pareil Il me regarde comme si c’était sa faute Comme si quelque part il était responsable Comme si c’était vraiment pas de veine Pour nous qu’il soit là à la table Je le vois qu’il a honte de lui même Et je le vois qu’il a honte pour sa mère et je le vois qu’il a honte pour moi mais ça a jamais rien servi à personne que je le voisQuand je viens les voir les dimanches Sa mère lui dit de reprendre Il dit qu’il n’a plus faim je reprends une bière elle fume Il essaye de sourire à sa maman Il quitte plus la table il ose rien on reste là, lui, elle et moi. On voit la nuit qui tombe entre temps sur les restes du repasJe leur dit qu’il faut me faire confiance comme ça pour voir dans le silence si à force je me croirais moi-même je le regarde et je vois qu’il a confiance et ça me tue qu’il ait confiance en moi Je le vois bien que c’est mon fils Je le vois bien qu’ je suis pas fier je le regarde en biais et je me dis que j’ai jamais aimé les dimanchesEt les lundis non plus et pas plus non plus moi-même et pas plus les jours d’hiver et pas plus le printemps |
|||
|
Plusieurs jours et plusieurs nuits Entre ce dont tu avais besoin entre ce dont tu te souviens entre ce dont tu avais rêvé ce dont tu rêves encore Entre tout ça et la personne que je suis moi entre tout ça et moi entre tout ça il y a Trois milliards d’annèes lumière cinq civilisations plusieurs planetes un champ, une route, la vallée, l’horizon quatres mondes un univers parallèle un trou noir deux espaces, six express tellement de silence tellement, tellement de silence un abribus un convoi de fête foraine une mer immense des heures en train des années de retard une fleur en pôt quatorze gares treize villes, l’embouchure d’un fleuve une chaine de plateaux une usine, le désert des tartares et 27 endroits, 29 endroits, 33 endroits, 5, 7 endroits où l’on arrive pas, où l’on arrive pasil y eut plusieurs jours et plusieurs nuits il y eut plusieurs jours et plusieurs nuits il y eut plus de jours et de jours encore et plus de nuit, plus de jours et de jours et de jours autant de nuit…Il y aura plusieurs jours et plusieurs nuits il y eut plusieurs jours et plusieurs nuits il y aura plus de jours et de jours encore et plus de nuit, plus de jours et de jours et de jours autant de nuit… avant que moi peut-être… Il y aura eu plusieurs jours et plusieurs nuits Il y aura eu plusieurs jours et plusieurs nuits Il y aura eu plus de jours et de jours encore et plus de nuit, plus de jours et de jours et de jours autant de nuit… avant que moi peut-être avant que moi peut-être… Je t’oublie |
|||
|
Rien Y a des gens qui vivent des histoires de feuilleton télé Y a des gens qui vivent des histoires de soap opera Y a des gens qui vivent des histoires de télé achat Y a des gens qui vivent des histoires de films suédois Et y en a même qui vivent comme toi Alors rentre chez toi dis merci mange proprement sois gentil rentre chez toi dis merci mange proprement sois gentil Moi je ne veux pas devenir quoi que ce soit quoi que ce soit d’autre que moi Juste de quoi vivre, deux amis, un chat, il n’y a pas d’autre chemin, il n’y a pas d’autre choix Peut-être bien que c’est crétin peut-être bien que la vie est un combat On ne peut quand même pas perdre à chaque fois c’est pas que c’est bien, c’est pas que c’est mal c’est pas que c’est bien, c’est que c’est comme ça et si tu trouves que c’est inutile c’est qu’on ne peut plus rien pour toi… mais rien sert à rien laisse tomber rien sert à rien de lutter (BIS) Personne n’est jamais content je sais Personne n’est jamais content de lui Personne n’est jamais content de ce qui lui arrive personne n’est jamais content de sa vie La plupart des gens vivent écrasés la plupart des gens complètement bouffés Mais regarde où t’étais, et regarde où t’en es Mais regarde où t’étais, et regarde où t’en es c’est pas que c’est bien c’est pas que c’est mal c’est pas que c’est bien c’est que c’est comme ça et si parfois je trouve que c’est inutile c’est qu’on ne peut plus rien pour moi… mais rien sert à rien, laisse tomber rien sert à rien, de lutter…(bis) alors rentre chez toi. dis merci mange proprement sois gentil…(bis) sinon je vais chercher grand père et grand père est pire que Papa et Papa est pire que ta mère mais personne n’est pire que toi non personne n’est pire que toi. |
|||
|
Hop Trop peu Trop tard Trop peu trop tard Ciao tout le monde C’était Trop peu Trop tard Trop peu trop tard Ciao tout le monde Bye, bye, hop |
|||
|
Le monde disparait J’ai dormi le plus de temps possible Sur le chemin de rien du tout du vide J’ai perdu le plus de temps possible A vivre dans les livres Et puis tout seul faire l’amourMon cerveau ça fait comme une vieille éponge Toute sèche et pleine de craie J’ai la nostalgie de ma vie future Comme si elle n’allait jamais arriver Comme si elle était déjà perdue Tu me manques déjà toi Que je n’ai jamais rencontrée Je te vois dans 20 ans Je te regrette telle que tu serais Telle que tu n’as pas encore été J’ai la nostalgie même Du jour où tu voudras partir Je veux te connaître avant de devoir tout me souvenir Regarde comme je suis Je vis dans un futur mal passé Je vis dans un futur imparfait Des fois le monde disparaît Comme si j’étais le dernier vivant sur la terre Oh je t’en prie ne me laisse plus seul plus longtemps J’ai besoin de toi Il me semble qu’il me manque la force de gravité Je flotte je veux des racines quelque part Je veux toucher terre Je veux m’attacher Je suis juste un homme et je veux me relier Je suis entouré de vieux fantômes de souvenirs du futur Et de futurs regrets Je suis un être humain normal et je veux être aimé Je veux juste être aimé. |
|||

