« QUELQUE CHOSE DE L’ORDRE DU N’IMPORTE QUOI. » (2003)

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En absolue non-exclusivité n° 2, ce 2° texte re-écrit à la re-demande de « Philippe Dumez », Le Grand, et paru dans le fanzine « Hit Records N° 2 « , « musique et B.D. », il y a déjà quelques temps, début 2003.
Où Pascal, notre chanteur et ami, nous raconte une nouvelle fois sa vie toujours passionnante, avec toujours autant de goût et des avis qui tranchent et qui font encore plus mal, avec de la retenue aussi et toujours le même tact impressionnant.
Un 2° texte poignant.
(avec une autre idée à un autre moment.)

QUELQUE CHOSE DE L’ORDRE DU N’IMPORTE QUOI (2003)

J’aurais tellement aimé vous entretenir, “à la petite franquette”, tranquillement, magnifiquement, désinvoltement, de choses et d’autres, de la perspective Nevski, de Randy Newman, de pensées profondes, amères un brin, un zeste, pour relever le tout, (en plus Randy Newman, il est hyper cool en ce moment, même Mendelson, honnêtement je le dis tout à trac, c’est Mon Groupe Préféré, même eux ils font une reprise de lui sur leur prochain album, qu’est une tuerie grave,) par exemple, entre autres mais aussi, j’aurais tellement aimé vous parler de la version Hey Baby (New Rising Sun), sorti sur ‘First Rays Of…” le soi-disant 4°eme album “Officiel” d’Hendrix…Où le groupe essaye de commencer une chanson, intro classique à la Hendrix, c’est à dire: riff très construit appel de guitare, Mitch Mitchell, qui rentre comme d’habitude, dans la musique, il ne joue jamais le beat tout con, Mitch que j’l’appelle moi même, il joue toujours un truc vraiment différent pour chaque chanson. La basse d’abord avait doublé la guitare, comme Billy Cox, quand il est arrivé dans l’Expérience, a souvent fait. Noel Redding, lui, jouait de la basse, au sens premier du terme comme on doit jouer de la basse, POUM POUM POUM, la grosse note de l’accord de base quoi. (Je sais que pour les néophytes, là, on vient de rentrer dans la pure exégèse musicologique, mais ne décrochez pas, faites un effort, vous allez apprendre des choses, c’est pour ça, c’est pour vous : la basse c’est comme la guitare mais y a moins de cordes et c’est plus gros. Voilà, suffit pour l’instant de ce jargon technique de spécialistes introduits.)
Redding, bien sûr, c’est un bassiste magnifique mais Cox, lui, il joue les notes et c’est…différent. Et donc ils sont là, ils commencent et puis il s’arrêtent. C’est vrai que c’est peut-être pas super, super en place, la batterie est un peu à la ramasse…Ca s’arrête, et là, Hendrix lance autre chose, petit truc funky, joli, quasi Curtis Mayfield, les autres s’y mettent, et dès qu’ils sont collés, Hendrix commence à décoller, justement, à jouer un solo, tellement…tellement, pur et beau et mélodique, le son, noir (la bonne blague), chaud… Je sais pas si y en a qui se souviennent de la pub pour le chocolat Nestlé Dessert de il y a longtemps, avec la poire, et le chocolat qui coule dessus, et des petits balais, sur une caisse claire, qui font shush, shush, shush. Le solo ce serait comme du gros chocolat chaud brûlant, qui coule, mais tellement léger en même temps, tellement aérien, c’est pour ça j’ai fait la métaphore du décollage au début. Tout se tient, n’est-ce pas…
Après comme c’est Live en studio, on entend Hendrix qui dit “Is The microphone On ?”, est-ce que le micro est ouvert demande-t-il dans la langue de…un anglais au hasard, ou un américain au hasard aussi, ou d’un australien vraiment quelconque. (Ce sont des mots de tous les jours.)
Et un temps je me repassais juste ça de la chanson, la fausse intro, le re-départ, et sa voix quand il demande…et je recommençais au début. Juste ça. Après c’est moins bien, c’est bien un peu triste quand on connaît les problèmes d’Hendrix à l’époque, mais bon y a mieux ailleurs…
Des fois quand je suis fatigué, ou que j’ai bu beaucoup de bières, ou que ma femme est partie, loin, dans un autre pays, où y a des hommes plus beaux que moi, et plus riches aussi, et c’est vraiment très loin d’être difficile…Quand je suis triste, et ben dans ces cas-là la mort d’Hendrix, ça me rend tout chose. Aussi quand je regarde le live à l’Ile de Wight ou on voit vraiment qu’il en peut plus, mais plus du tout…Ca me rend triste. Triste, triste.
Presqu’autant que quand je lis des bios de Lennon, quand on arrive à la période ou il est resté cloîtré, prostré, dans le Dakota, l’immeuble, et qu’il faisait rien qu’à bouffer, et toujours la même chose en plus et regarder la télé, et demander quand est-ce que “maman”, le petit nom de Yoko Ono, rentrait et qu’elle, le trompait avec je sais plus qui, au vu et au su de tout le monde, ça aussi, et ben ça me rend triste. « Johnnie, qu’est-ce qui se passe, mon petit, tu me fais de la peine, tu sais…Le concert à Toronto, avec Maman sous son drap et toi qui regarde la caméra, avec tellement de morgue, et de mépris comme pour me dire à moi, à moi, mon petit John, à moi, pour me dire : “Hein que c’est pathétique, attends c’est pas fini, elle va faire pire et je t’emmerde va te faire foutre”, à moi t’as l’air de me dire ça… »Mon dieu que ça me rend triste…Ca aussi.
Passons, passons et revenons…
Longtemps, j’ai eu une cassette d’Hendrix, que j’avais acheté un jour qu’on était monté à Paris, peut-être que c’était mon anniversaire, et ma mère, elle m’avait offert 4 cassettes que j’avais choisi : Paul Simon, une compilation, Chris Réa avec On The Beach, (j’étais jeune, et puis il jouait de la guitare), peut-être Ocean Boulevard de Clapton, (j’étais jeune, et puis il jouait de la guitare aussi, même mieux il parait qu’il joue super bien, lui, moi, j’veux bien, j’suis là, j’écoute, j’attends, bon c’est ce qu’il parait quoi), et puis, et puis Hendrix, Live at Winterland, qu’on trouve plus Ma cassette a disparue, elle est partie un jour, dans le cimetière des cassettes que j’avais qui sont disparues, mais que mon pote Stan il a en CD, et des fois on l’écoute dans sa voiture, et l’intro qu’il y a dessus d’Hey Joe, et ben pareil, j’écoutais que l’intro, je rembobinais et je recommençais et je rembobinais…
Ce qui me fait penser, que déjà tout petit, j’aimais que la musique de vieux. C’est pas triste, ça, aussi ?
Oh oui, j’aurais tellement aimé vous parler de ce solo d’Hendrix, sur cette chanson, rien qu’un peu, ou alors, oui, pourquoi pas…Des B.O. de films supers, mais que justement les films, je ne peux pas les regarder parce que les B.O.s sont tellement bien faites et de bon goût, c’est à dire le mien, que je passe mon temps à penser, à dire même parfois tout haut, dans les salles, ça peut devenir gênant, BYRDS, NEIL YOUNG, PREMIER ALBUM, VAN MORRISSON, T.B. SHEETS, MARVIN GAYE, je passe mon temps à jouer au Blind Test, ce que j’aime bien, c’est vrai j’aime beaucoup ce jeu, mais bon, ce n’était pas ce que j’étais venu faire malgré tout, au cinéma, au prix que ça coûte cher, je peux rester jouer chez moi. Tout seul, en plus, je gène beaucoup moins, j’ai remarqué.
Le pire bien sûr, c’est quand c’est un tout petit plus compliqué que les sus-nommés et donc que je cherche plus longtemps que 3, 4 secondes.
L’actrice peut bien à ce moment-là raconter n’importe quoi, ( c’est elle qu’a tué Frank en fait, mais ça, bien sûr, elle le dit très vite, en pleurant à moitié en plus, alors j’comprends plus rien, elle se mouche après comme si de rien n’était), moi je m’en fous, je suis là à me demander c’est qui qui chante, bordel, merde c’est qui qui chante??? Non, laisse tomber je sais que c’est pas Frank. Il est mort au tout début, je le sais, y avait pas de musique à ce moment-là.
J’aurais tellement voulu, vraiment, écrire ce qu’il était prévu que j’écrive…
La musique…Oui, oui, je sais bien, mais en fait NON.
Je ne vous raconterais rien, pas ça, ni sur Hendrix, ni sur les B.O. de films, ni sur ma maman, non plus…CAR…
Une plus grande mission nous appelle,
“certaines choses”, (“de l’ordre de” la mise en mots), nous intiment l’ordre d’être formulés, car ce n’est pas nous qui travaillons les mots, non, nous en sommes incapables, cancrelats prétentieux que nous sommes, (attention, paradoxe génial et tellement fécond) mais bien les mots qui nous travaillent…Ah la magie des mots. Merveilleux mots, oh que je vous aime, Moi comme Vous tous mes amis… simplement, Poète.
Une plus grande mission nous appelle donc et j’ai besoin de vous :
La création du Goulag pour les Cons. ou GPLC, ou encore tout simplement, Club Med en Sibérie, (Une Maison de Retraite, en Quelque Sorte Très, Très Loin de Chez Moi) pour Tous Nos Amis Qui disent à la Radio, à la Télé, voir même, au Bistrot, dans mon quartier, c’est fréquent, pour tous ceux qui disent : “QUELQUE CHOSE DE L’ORDRE DE”.
Ca donne donc, le “CMSUMRQSTTLCMTNAQRTBQCDOD”, je préfère dire GPLC, c’est plus fédérateur, mais on peut discuter, je suis pas fixé. GPLC, j’aime bien, j’préfère mais bon.
Un bâtiment spécial y serait aménagé pour tous les acteurs de théâtre qui disent, à France Culture :
“Hum, ce n’est pas moi qui travaille le “matériau”, (sous-entendu leurs rôles, n’est-ce pas…) non mais plutôt le “matériau” qui me travaille.”
On va me dire que c’est cruel, qu’il va faire froid, là-bas…Ah, Ah, mais oui…
“-Quelque chose de l’ordre du froid a fait son apparition dans une certaine région où vivent certaines gens, et ça je crois que c’est de l’ordre du non-dit qui se doit d’être dit, d’être mis en lumière.
-Certaines choses de l’ordre de la reproduction gèlent, où plutôt certaines choses liés à la procréation sont gelés par certains paramètres géo-météorologiques absolument niés par une certaine catégorie du pouvoir en place.“
Le pouvoir en place, c’est MOI ! Et je ne doute pas effectivement que dans mon goulag, même en plein été, même en été, mes grands amis, Il fasse TRÈS, TRÈS FROID…
Excusez-moi, si je crie dans le papier et que c’est pour ça que je mets des majuscules…Je m’énerve, mais aussi c’est parce que j’ai lu un bouquin de Manoeuvre, ça déteint, alors ça explique.
Bien, d’ailleurs, le bouquin, beaucoup aimé, les 2 premiers tiers, après forcément comme c’est autobiographique, l’”Enfant du Rock” ça s’appelle, alors “fatalement” comme dit ma grand-mère, il lui manque la fin au monsieur.
Ma grand mère elle dit aussi Zlip de bain, tu as pensé à prendre ton Zlip de bain…Pardon Mamie ? Ton zlip, mon petit. Oui Mamie.
Sinon, rien. J’ai lu un livre ?
François Bon, Les Rolling Stones. Point.
Le livre n’est pas mauvais, en fait si, mais ce que je veux dire, c’est que ce livre là n’est pas nul. Un livre ou j’apprends des trucs, c’est pas nul. J’en ai appris, moi, d’autres peut-être, non.
En fait c’est quoi qui marche pas alors, oui c’est quoi.
Et puis finalement, je voulais dire du mal, de François Bon dans sa toute magnifisciente fatuité, (vous avez remarqué, déjà, pas de sous-titre : “En toute Modestie”, il aurait dû l’appeler son livre), et puis non ça m’ennuie, même pour en dire du mal, il m’ennuie, et puis en plus, j’ai promis à ma femme, et puis à un ami, aussi, un jour, comme ça, j’étais saoul, de ne plus dire du mal…
C’est pas bien, et puis ça ne sert à rien. J’étais saoul.
Le livre, ceux qui l’ont lu Savent,
Ceux qui l’ont pas lu s’en foutent, et puis voilà finalement moi aussi.
François Bon, son livre, et mon pire souvenir, s’auto-détruieront d’eux-mêmes dans 30 secondes.
Et si vous-mêmes ou moi par exemple étions pris en flagrant délit lors de notre mission, la postérité nierait être au courant du moindre de nos agissements.
Vous en voulez quand même un exemple de pourquoi c’est douloureux de lire un livre, des fois…Oui ? Non? Tant pis. Mick Jagger, à qui on demande pourquoi il ne porte plus de cravates, nous raconte que bien oui quand on sort en courant d’un théâtre, “a fan”, pourrait lui attraper la cravate en question alors c’est dangereux Ah, AH. Mick Jagger rigole…Il est encore jeune, à l’époque, et moi j’y crois, qu’à l’époque il rigolait vraiment.
Et donc “A fan”, en anglais de François Bon, différent de celui que nous avons observé plus haut, c’est bien sûr un ventilateur, c’est vrai d’ailleurs, c’est dans le dico, c’est donc vrai et c’est bien évident.
Ce qui nous donne, en gros, (ne comptez quand même pas sur moi pour aller rechercher la vraie phrase, mais il y a en a une pareille, je jure que c’est vrai.)
Mick Jagger :
“oui ben quand je sors des théâtres c’est dangereux parce que on est assailli par des ventilateurs hystériques, qui nous courent après, en hurlant nos noms, les ventilateurs peuvent nous attraper par la cravate…Etc..Etc…Ailleurs, Bill Wyman nous raconte : “les ventilateurs étaient massés devant l’hôtel alors avec Brian, on allait à la fenêtre, et on disait à Ian, dit tu me ramènes le ventilateur avec le pull rose ce soir, hein?”
comme dit Pierre Georges du Monde, en un accent de lucidité qui laisse rêveur, pour un journaliste… : “Il y a des choses qui sont importantes et d’autres qui ne le sont pas.”
Et bien, c’est vrai. Bravo. Goulag.
Ce livre n’est donc pas une chose importante.
C’est marrant, ce François Bon, parce que je veux dire il aime bien les Stones, donc, bon moi j’suis parti pour l’aimer bien lui. Et puis il finit, au bout de quoi…3 lignes, par me sortir par les yeux. Une fois, pareil, j’l’avais vu à une lecture, il avait fait un livre où il recueillait des témoignages de Sdf, de gens paumés, de “naufragés” comme dit Patrick Declerc (chez Terres Humaines et ça s’appelle ”Les Naufragés”. Et c’est magnifique et intelligent et terrible aussi…)
François Bon, donc, c’est pas mal son projet, les gens qu’il interviewait allaient mourir, ou disparaître, et lui il va écouter leurs histoires, il les consigne, les édite, et moi je dis Bravo, c’est beau…J’y vais. On est là dans une salle, des photos, portraits de gens ravagés, en noir et blanc immenses qui défilent sous nos yeux, et notre Chef Bloc D du GPLC, assis à sa table qui explique, comment il a fait, pourquoi il l’a fait, amis je vous jure jusque là tout va bien. Alors v’la-t’y pas qu’il commence la lecture, mais, mais qu’est-ce qu’il fait l’artiste, il…Il…Il imite les gens !!!!!!!Je vous jure là sur la scène avec son mètre 50, il se lève, il fait des grands gestes et il imite, comme André Lamy, (comme André Lamy, aussi bien, presque…) une vieille édentée bourrée, un jeune traveler à l’agonie, on voit les photos au dessus, et lui, il imite, la démarche, les gestes le ton de la voix, les ACCENTS, il fait aussi les ACCENTS. Mon dieu tout puissant protégez-nous de la connerie elle aussi toute puissante, nous sommes faibles et désarmés…Car nous sommes faibles et désarmés. Mais, oui. Arrêtons-nous un instant et contemplons, mes amis, mes frères, le pire.
Regardez-le, le pire dans les yeux, car c’est là que le bat blesse, et que le pire importe…C’est que, une fois que j’ai dit ce qu’il faisait sur scène, le pingouin, si, on ne sait jamais, si une personne, quelqu’un tiré au hasard, un quidam, bon, le quidam, je lui raconte ça et lui il ne ressent pas le grotesque horrible de la situation, l’absurdité vulgaire de ce mec-là, il me dit, le quidam, “ben oui et alors”, ben alors moi, je sais pas, j’ai pas les mots, pas les mots non, les mots n’ont, aucune importance en la circonstance. Groove, Baby Groove. Merde j’ai encore chanté du Jonasz, là. Je me suis laissé emporter par ce mOOvement qui groove…Merde, merde, de plus en plus, ça me prend, je sais pas ce que j’ai…Pas d’excuse en plus il joue pas de la guitare.
François Bon, lui, il a les mots, et…(sa place au goulag, aussi.)
Passons, passons, puisque tout passe (citation)…
Notons, à propos de traductions, que l’on peut trouver ailleurs, dans des bouquins de musique surtout, remarquez, de la pure poésie, rien de moins que ça, un degré d’invention inimaginable, par exemple dans la collection “Camion Blanc”, c’est vrai qu’ils sont assez balèze dans le genre…
Tiré du bouquin sur Neil Young, écrit par un mec, un étranger je suppose et traduit par Naik Le Roux, même le pseudo semble prodigieux, on a le droit à des sommets de n’importe quoi. Allez pour faire rire vos amis, (ceux qu’en ont pas essayent dans le bus), pris dans n’importe quelle page tirée au hasard…
“Like a Hurricane »
l’une des chansons les plus célèbres de Young, mais la version présentée ici-
une lecture pédestre qui ne capture la lumière que vers la fin du solo- est loin d’être définitive.” et juste en dessous, a propos d’autre chose, “ce titre termine l’album sur une note basse avec une amusante satire de harangueur…” Attendez, monsieur c’est pas fini, c’est pas fini, non mais vous descendrez à la station suivante, attendez, page suivante, je vous jure que c’est sur la page suivante,
“Sugar Mountain
Un live éternellement choyé, une plainte acoustique simple enregistrée sur un magnétophone personnel qui transmet à l’émotivité ce qu’elle perd dans les couplets assourdis.”
et plus loin encore, “mais la tension croissante vers une guitare insupportable et une cacophonie de hurlements est l’apothéose émotionnelle”.
A l’arrivée, c’en devient tellement génial, que c’est difficile de penser qu’un être humain normalement constitué, (avec un cerveau par exemple), puisse être capable réellement d’écrire ça, c’est pas possible…
Plein de choses ne sont pas possibles, en fait…
Qu’un mec ait écrit ça, ça fait un, qu’un mec ait PAYÉ pour une traduction pareille, deux, que le mec qui a écrit ça ait encaissé son chèque sans mourir de honte dans l’instant, PAF, je suis mort, trois, que ce livre soit en vente, contre du vrai argent qui coûte très cher, quatre, qu’on le trouve dans les bibliothèques municipales, que je l’emprunte, que je le lise…Ce qui prouve quoi à l’arrivée, hein ce qui prouve quoi, ben que, en fait, je sais pas ce que ça prouve…Arrivé quand même à la page 135, s’il vous plaît, page 135 et le pire étant que je vais finir cette…Ce…Euh livre? Certainement je vais le finir. (Y a des photos que je connaissais pas et j’aime pas lire les photos à l’avance dans un livre)
La seule et unique possible explication de l’existence de ce livre, c’est qu’en fait il ait été traduit par un logiciel de traduction automatique, un de ceux qu’on trouve un peu partout sur le net. (Sur Internet c’est super, tu cherches un truc, hein, au hasard, tu vois, pouf, tout, y a tout, tu trouves tout, bon par exemple, un logiciel de traduction automatique ? vas-y mets ta phrase, c’est bien, elle est bien, alors ça donne quoi ? “De la roche dure au métal poubelle, une explanation de la guitare.” C’est bien.)
Et que ce soit un logiciel aussi qui l’ait écrit au départ, le bouquin, et que ce soit pas moi qui le lise mais par exemple, euh, le quidam de tout à l’heure ça lui apprendra à ce con.
Soit ça, soit Naik Le Roux, le traducteur, il s’est trompé sur internet, il est con lui aussi, il a téléchargé de la super drogue…On trouve tout dessus. T’y vas, tu trouves.
Sinon…pour la fin qui approche…Sinon…Oui, Manset. Manset, j’en avais parlé, de ses deux derniers albums, dans le numéro 1, comme quoi j’allais les emprunter, juste, par fidélité, ou pour être sûr, ou juste parce que c’était gratuit. Je sais plus. J’ai fait, j’ai entendu, et…Je préférerai pas…Non, vraiment, j’aimerais mieux pas…Ses albums d’avant, ils étaient pareils ? Et c’est moi qu’ai changé ? ou avant, c’était quand même un peu plus…Enfin, un peu moins quoi..Enfin…Non, voilà, en fait, vraiment j’préfère pas.
Sinon, oui, encore, c’est parce que, il y avait quelqu’un dans le numéro 1, encore, qui disait que : “Quand on connaissait pas et ben alors on disait pas.”
(du mal je crois que c’est du mal qu’il fallait pas dire, alors que moi, n’est-ce pas bien sûr…C’est tellement plus pratique de pas connaître.)
Alors comme je parlais, sans connaître, hein, (encore une fois faut pas déconner), de Albert Marcœur, dans le numéro 1 aussi, et bien j’ai été emprunter pour savoir…
Ca fait comme une suite, ça fait un peu concept et c’est bien.
Et bien c’est vrai. Quand on connaît pas, on sait moins bien.
Marcœur, c’est pas mal. C’était un double album cd, avec 2 de ces premiers albums, par cd. Y avait un peu trop peut-être, et puis je suis très occupé en ce moment, j’ai plein de trucs que j’m’occupe, alors Albert Marcœur, j’m’excuse mais faut pas venir me faire chier, comme quoi, alors parce que quoi ? j’aurai écouté que 2 morceaux, sur les 40, alors comme quoi, j’pourrais pas dire comme ça, que c’est pas mal en fait. Bon les paroles, c’est naze. OK. Moi j’étais là, avant, j’croyais qu’c’était important et tout les paroles, quand même, les PAROLES dans les CHANSONS, mais en fait, on m’a dit, non. Et puis j’vois bien quoi, les gens comme ils s’en foutent.
Je sais, je sais, je cite plus de noms, rien qu’à un concert dernièrement, “le plus grand groupe de scène de la France toute entière actuellement”, (non, non, pas Noir Désir, justement eux depuis 2, 3 albums ils se mettent à écrire des paroles qui sont bien, y z’ont vraiment rien compris ou quoi.)
Donc le concert. La foule, mon dieu la foule comme elle est contente, les gens autour de moi, il sourient, les filles dansent et tout, c’est chaud, ça bouge grave, y a un mec qui m’dit “super hein ?” (il me connaissait pas bien, c’est le pourquoi) Alors je dis : “Ah oui, les filles elles dansent avec leur corps qu’est sensuel et tout, mais enfin comme qui dirait les paroles, c’est pas terrible si ?”
Alors il me dit “hey mais les paroles on s’en fout” Ah merde, quel con, moi aussi, j’avais encore oublié.
Alors Marcœur, les paroles on s’en fout, la musique c’est bien, vraiment. On dirait Tom Zé du début, j’aime bien Tom Zé du début.
Une fois, un journaliste, très influent, que tout le monde lit, un vrai quoi, je cite pas de noms mais c’est dur bordel… Comme mon producteur, courageux, il essayait de dire que son groupe c’était bien, les paroles tout ça, (j’en parle, j’suis détendu, c’était pas moi), l’autre il lui dit, “tu vois, Boards of the Tortoise, (certains remarqueront peut-être que je me souviens plus du vrai nom), et ben ils disent la même chose, mais eux, en plus, ils ont même pas besoin de mots.”
Je préviens gentiment le quidam de tout à l’heure, que s’il revient pour me dire, “ah ouais et alors quoi, le problème il est où ?” J’y pète gentiment sa gueule dans le prochain numéro.

Pascal Bouaziz