Chronique du Triple Album par « A découvrir absolument »

T’as l’air malin toi le scribouillard du net, toi qui ponds des chroniques comme un coq disperse ses fientes sur un sol qui n’est que le reflet de sa propre existence. T‘as l’air malin le de Oliviera face à ce disque que tu attendais comme on attend l’espérance face à l’autel, il est face à toi, debout, droit, haut, massif, tellement tout cela que l’ombre qu’il produit, interdit les rayons du soleil de te réchauffer.

Alors t’es là, comme le type des « heures » t’es là mais pas tout à fait car pour le coup tu as peur, tu te fais presque dessus.

Tu n’as pas ta petite mélodie du bonheur pour masquer la vacuité de tes propos habituels sur telle ou telle référence, jouant avec les mots avec la grâce d’un buffle. T’as pas ta structure aussi pratique que la cuisine hi tech que tu rêverais d’avoir pour épater plutôt que pour offrir du bonheur. T’es presque à poil, et le disque te déshabille complètement, lacérant ta peau, touillant tes viscères. Et tu y retournes sur ces chansons (morceaux, monstres, histoires de chute) tu te les infliges, il y a quelque chose de presque religieux, presque christique, et pourtant à la base tu ne vas pas bien en ce moment mon grand, mais tu as quelque part cette force quotidienne de tenir debout.

Ce n’est pas une traversée du désert, c’est donc un chemin de croix, dans des contrées arides et froides, l’humanité a foutu le camp car elle s’est mentie à elle même. Ces ont des maxi-fictions, des histoires qui te parlent hein toi le chroniqueur qui a sa dose d’engelures dans la tête. Le bonheur n’a pas le droit de citer, car quand on parle d’amour les couteaux et l’odeur de la mort ne sont pas loin, mais toi le chroniqueur tu n’es même pas voyeur, t’inquiètes, la gangrène c ‘est aussi une façon de se consommer, comme l’amour se consomme, et cette gangrène n’est pas contagieuse.

Mendelson, Mendelson Mendelson Mendelson Mendelson, Mendelson Mendelson Mendelson Mendelson, Mendelson Mendelson Mendelson Mendelson, Mendelson Mendelson Mendelson Mendelson, Mendelson Mendelson Mendelson, et tu le répètes comme pour te laver, t’enlever ces chansons qui au final t’inquiètent, hein faut bien te l’avouer t’en a peur de ce disque maintenant, il te fait pas rire une seconde. Quand tu l’écoutes tu vérifies que personne n’est dans la pièce, tu as peur que l’on te confonde avec ces histoires sans faim, sèches, qui ne nous nourrissent pas, elles nous mangent de l’intérieur.

Alors là chroniqueur, tu crois que tu donnes envie de toi hein, cela on s’en tape, mais d’écouter ce disque oui, tu pourrais être accusé de ne pas aimer ton prochain, être accusé de cela car on n’écoute pas ce disque, il rentre en nous, et les dégâts pourront être irréversibles, merci pour nous. L’oxygène va se raréfiée, le constat va être terrible, nous sommes tous en perdition, car l’amour est un champignon qui pourrie après sa prolifération.

Allez chroniqueur dis le que t’as peur, t’as peur de l’écouter mais tu l’écoutes, t’as peur d’en parler alors tu me laisses aller au casse pipe et expliquer l’inexplicable, cette invention du disque des vies, d’un roman musical au style froid, martiale, une œuvre de dissection clinique réalisée dans une cave sans la moindre connaissance en médecine légiste. Si tes lecteurs cherchent le bonheur dis leur d’aller ailleurs, Pascal Bouaziz n’offre qu’un moment souriant, ou plutôt empathique, quand il dira « sur les gentils ». Sinon tout est brisé et pas que le verre. Les vies s’écrasent, se fracturent sous nos yeux, dans nos oreilles, la seule alternative valable étant la mort. Personne n’y échappera, même le courage ne suffira pas, mais vous appuierez sur le bouton de cet ascenseur qui s’enfonce au plus prêt de la lave. Comme il est dit, sur le morceau le moins cramé « Il n’y a pas de rêve », des cauchemars.

Mais l’espoir est là, peut être que celui est d’ailleurs le nom de ce nouvel album (est ce un album, n’est il pas autre chose ?), et des questions tu n’as pas fini de t’en poser toi le scribouillard du net, toi dont les heures sont parfois plus longues que des vies. Mendelson vient de te donner le coup de grâce, il vient de le donner à tout le monde, je, tu, nous sommes assommés. Rien ne sera pareil, et toi le chroniqueur tu pourrais maintenant essayer de reprendre tes esprits, et conclure. Vas y je te laisse la main.

La musique vient de perdre un groupe qui vient d’inventer autre chose, la poésie compte dans ses rangs un des plus grands de ses auteurs.

Gérald de Oliveira

 http://www.adecouvrirabsolument.com/chroniques/labelises/mendelson-4587.html 

 

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